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jeudi 10.05.2012, 05:02- La Voix du Nord, par Fabrice Leviel 

 Audrey Kirst, Estelle Wepierre et Patrick Labaeye, en inspection dans la forêt du Touquet. 
Audrey Kirst, Estelle Wepierre et Patrick Labaeye, en inspection dans la forêt du Touquet.  

Le Touquet est la seule villedu Pas-de-Calais à disposer d'une unité de gardes champêtres à cheval. Ils sont cinq à patrouiller quotidiennement dansles dunes et la forêtde la station balnéaire.

Clip-clop, clip-clop... dans la vaste carrière de l'ancien polo du Touquet, deux silhouettes qui avancent lentement. Au premier regard : des cavaliers. Rien de surprenant, ils pullulent dans la forêt. Mais ceux-là sont d'un genre particulier. Juchées sur les chevaux, deux jeunes femmes, vêtues d'une veste bleue. Sur la manche, un écusson bien visible : « Garde champêtre ». Audrey Kirst et Estelle Wepierre reviennent de leur patrouille matinale avec leurs deux collègues de travail, Tulipe et Roméo, deux magnifiques chevaux de race cob normand. Les deux jeunes femmes font partie de l'équipe des cinq gardes champêtres du Touquet, commandée par Patrick Labaeye.

« Plus sympathique à cheval qu'à pied »

Des gardes champêtres à cheval ? Une nécessité pour Patrick Labaeye. « La ville comprend de vastes espaces naturels composés de forêts et de dunes, le cheval est indispensable pour couvrir l'ensemble de la commune. On passe quotidiennement dans la forêt, on inspecte les lieux, on veille à ce qu'ils soient respectés. » Car les gardes champêtres sont habilités à verbaliser. Et dans la forêt et les dunes, il y a des choses à ne pas faire. « On n'a pas le droit de faire de feu, de pique-niques, de laisser ses ordures n'importe où. La plupart du temps on essaye d'abord de dialoguer. Mais s'il le faut, on verbalise », explique Audrey Kirst.

Le fait d'arriver à cheval a des avantages, comme l'explique Patrick Labaeye. « On paraît beaucoup plus sympathique à cheval qu'à pied,sourit-il. L'animal rend les gens plus détendus, ça passe mieux qu'un agent sur ses deux pieds avec un carnet de contraventions à la main.

» Les patrouilles de ce genre ont un autre avantage. « On passe là où les voitures de patrouille ne peuvent pas accéder , explique Estelle Weppiere. Avec les chevaux, on peut aller derrière les maisons et remarquer s'il y a eu des traces de cambriolages.

L'avantage du cheval, c'est qu'à l'inverse des voitures, il est silencieux. Les gens ne nous entendent pas arriver. Une grosse partie de notre travail en patrouille est de repérer les signes suspects et de les signaler. » Comme les départs de feu dans les dunes ou la forêt, par exemple.

Les gardes champêtres ont aussi l'oeil sur la faune qui peuple les espaces naturels de la station. « Il ne se passe pas un jour sans qu'on tombe sur des chevreuils ou des renards », souligne Patrick Labaeye. Parfois, il y a des cas particuliers, comme ce très vieux phoque aveugle, que la marée ramenait sur le bord du rivage tous les jours. « Pendant une semaine, on l'a remis à l'eau, mais le courant le ramenait toujours.

On a appelé Picardie nature qui l'a pris en charge. » Les gardes champêtres ont aussi eu à s'occuper d'un cochon qui divaguait dans la rue Saint-Jean. « C'était un cadeau de la part des agriculteurs, lors des journées parlementaires UMP qui se sont déroulées au Touquet.

Ça s'est bien passé finalement, ils nous ont aidés à le rattraper. » En été, Audrey Kirst et Estelle Wepierre ont affaire à quelques nudistes dans les dunes. « Lorsqu'ils nous voient débouler à cheval, ils sont un peu surpris... », sourient les deux filles. •

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